29 août 2006
François Lamoureux et les autres
François Lamoureux s'est éteint samedi soir. Et c'est bien dommage. C'est l'une de ses personnalités qui ne laissent pas indifférent. De ces gens qui construisent l'Europe qui marche. De ces gens que les faibles, qui sont au pouvoir, empêchent d'avancer.
Jean Quatremer y revient sur son blog.
C'est l'occasion pour moi de revenir sur les fondateurs de l'Europe. François Lamoureux était un grand commis de l'Europe. En coulisses, certes, mais il était tout de même, à son échelle, un des constructeurs d'une Europe plus fédérale et plus sociale.
Dans les pas de Delors, il représente bien cette génération d'hommes pragmatiques, de centre-gauche, qui ont connu la Reconstruction, qui connaissent le sens du mot "paix" et "union". Les gens de centre-gauche, les grands promoteurs de l'Europe, on peut en citer de nombreux. Ce sont pour la plupart des socio-démocrates ou des socialistes : Delors, Mitterrand, Schmidt, Spaak, Brandt. Aujourd'hui, les pro-européens sont : Amato, DSK
On y ajoutera les chrétiens démocrates : Adenauer, De Gaspieri, Schuman, Andreotti, Monnet, Kohl. Aujourd'hui, ils s'appelent Bayrou, Prodi, Junker;
On pourra y associer les libéraux, plus ou moins liés aux chrétiens-démocrates: VGE, . Aujourd'hui : Vehorstadt
Tous ces gens formaient un centre pro-européen fédéraliste, les communistes, les néofascistes en étant exclus. Les gaullistes anti-fédéralistes; Et certains socialistes (Français notamment) assez méfiants d'une Europe capitaliste. Les Anglo-Saxons (anglais, irlandais), les Scandinaves (suèdois, Danois, Finlandais) n'ont pas été des plus enthousiastes non plus, à gauche comme à droite.
Aujourd'hui, de nouvelles forces fédéralistes se constituent : les Verts. Incarnés par des Fischer ou des Cohn-Bendit, ils sont le renouveau de l'engagement fédéraliste. Il faut dépasser la question de l'héritage (ce sur quoi s'accrochent les chrétiens démocrates), il faut dépasser la question de l'Etat providence, qui, tout est appeler à évoluer dans un monde mondialisé (ce sur quoi s'accrochent trop de socialistes). Il faut contester la place de l'Etat, tout en ne versant pas pour autant dans l'ultra-libéralisme (ce sur quoi s'accrochent les libéraux). Il faut réinventer l'Europe à la hauteur des défis nouveaux. Je crois que les Verts sont les seuls à pouvoir le faire.
Aujourd'hui, il est temps de constituer une alliance fédéraliste au PE, d'engager des réformes de fond, de coaliser des gens issus de cultures politiques différentes qui s'accordent sur un programme commun et d'y aller. Si on continue de cette alliance hypocrite gauche-droite (pPE-PSE) au PE, à la Commission, on va dans le mur. Et pour longtemps;
23 août 2006
Honte
J'ai honte de la France quand je vois des thoniers se transformer en pirates irresponsables . J'ai honte de Marseille quand je vois la municipalité fait des volte-face constants, pliant sous le lobby immonde des pêcheurs. Quelle est la situation ? Un navire qui demande légalement à accoster à Marseille pour régler des problèmes techniques et engager une campagne d'information (tractage, débats) sur la surpêche du thon. La mairie autorise.
Les pêcheurs se rebellent, sous des raisons fallacieuses. Face à la réalité (une disparition, à terme, du thon rouge, si on continue ce genre de pêche), les pêcheurs préfèrent esquiver le débat (" les pêcheurs illégaux on les condamne pas"), insulter (GreenpEace élevée au rang d'"intégristes"), encercler le rainbow Warrior (aaah ! faire un blocus, comme c'est intelligent !), menacer ("si GReenPeace passe, je suis capable de tout"). Et va jusqu'à enfreindre la loi.
Devant ça, comment réagit la mairie et la préfecture? Elle menace à son tour GreenPeace, et préfère les expédier au loin, ces dangereux troubles à l'ordre public. Mais que fait Gamerre, adjointe au maire de MArseille chargée des affaires maritimes et présidente de GE, si prompte à déguéner envers les écolos ? Rien.
J'ai honte.
C'est vrai que les thons, eux, ne votent pas. Et les pêcheurs, oui.
Mais si on continue comme ça, les thons, n'existeront pas. Et les pêcheurs ne pêcheront plus rien.
Dans les Pyrénnées, c'est la même chose. J'ai honte de la France. On ose à peine réintroduire des ours , c'est-à-dire faire revivre un minimum de biodiversité, que des connards se croient permis de faire n'importe quoi, manifestant dans la violence la plus primaire, allant jusqu'à poser des pièges aux ours. D'accord, dans ce cas-là, il y aurait dû y avoir consultation de la population avant d'introduire les ours. Mais quoi ? Qu'on voit la FNSEA débarquer en force dans toutes les réunions publiques et déblatérer ses âneries productivistes ? Et svp, qu'on ne me dise pas que c'est un discours de citadin écolo bobo. Il y a des ours en Italie, en Slovénie ; il y a des troupeaux en Slovénie et en Italie ; il y a des bergers en Slovénie et en Italie, et tout se passe très bien. En en faisant du tourisme Vert, nos voisins transalpins ont fait le pari de l'intelligence.
L'intelligence, une notion qui est apparemment bien etrangère à certains bergers Pyrénnéens et à certains pêcheurs Marseillais.
20 août 2006
langues et politiques
En attendant mon retour triomphal sur la scène médiatico-politique, un retour absolument gigantesque que tout le monde en tombera des nues (je me suis toujours demandé ce que voulait dire cette expression. Tomber des Nues.. des Nus ? d 'énu ? S'il faut tomber de filles nues, pourquoi y serait on monter ? bref)
en attendant mon retour phénoménal donc, au milieu du vacarme de l'actualité brulante et bruyante (franchement, qu'est ce qu'on en ait à foutre que l'appartement de Ségolène ait été visité ?!!) je me livre à une petite réflexion hautement politique :
le spectre politique est-il lié à la langue ? autrement dit, comment se fait-il que les seuls élus trotskistes dans les parlements nationaux (et qui se revendiquent vraiment du trotskysme) soient élus dans des parlements lusophones, au Portugal et au Brésil ?
Comment se fait-il qu'on retrouve bien peu de gauchistes élus dans les pays anglophones ? (j'entends des gauchistes purs et durs, le Sinn Fein concentrant aujourd'hui sa lutte sur la question territoriale)
Comment se fait-il que les communistes (je parle là de véritables marxistes, pas des alternatifs de gauche) n'aient jamais vraiment percé , dans des élections libres, dans des pays germanophones ?
Comment se fait-il que la BElgique, qui existe en tant que telle depuis bien 75 ans, possède deux paysages politiques différents, selon qu'on soit flamand ou wallon ?
Comment se fait-il qu'il soit tout à fait possible d'imaginer des alliances locales ou nationales droite-gauche, ou libéraux-gauche en Europe du Nord et non en Europe du Sud ?
Comment se fait-il que les Québécois soient beaucoup plus attachés à un monde multipolaire, au monde arabe que leurs frères Canadiens anglophones ?
Comment se fait-il que dans les pays francophones l'extreme gauche maoiste ou trotskyste ait toujours fait des scores assez bas ?
Bien sur, les contre-exemples existent.. quoique.. quand on y réfléchit.. assez peu...
Bien sur, l'histoire (présence coloniale, importation d'une certaine "vision du monde" et de certaines valeurs) , les traditions de chaque pays fondent les divergences et les convergences politiques ...
Je suis en train de travailler, tel un Montesquieu fou (pas si irrraisonné que ça, après tout) sur un lien entre langue et politique. LE Bordelais avait lié climat et régime politique (je reste persuadé qu'après tout, il y a un peu de vrai là-dedans), le lien entre langue et politique me parait plus pertinent, car la langue contient l'histoire du peuple, du pays, la langue forge l'identité.
Si cette théorie vous parait bidon, loufoque ou intéressante,
défoulez vous dans les commentaires, c'est fait pour ça.
14 août 2006
Antoine le retour
A l'instar d'un Christophe (aliiiiine) gaga, d'un Polnareff misérable et d'un Jospin à côté de la plaque, je prépare mon retour. Devant les grandes sollicitations des uns et des autres, je reviens.
Non, je ne suis pas mort. Je prépare dans l'ombre mon retour. Et attention, vous allez voir ce que vous allez voir. ça va péter sa race, ça va déchirer sa mère. plus de nouvelles bientôt.
27 juin 2006
Oui à l'Europe politique , Bravo Alain
MErci Alain,de cette analyse brillante, c'est bien de dire qu'en matière européenne, il y a un dangereux rapprochement des républicains-souverainistes : chevènementistes, mélenchonistes, Gremetziens, gaullistes, royalistes, ultraconservateurs. La trdition souverainiste centralisatrice étatiste dans ce qu'elle a de plus puant et dangereuse, archaique et bête.
il y a aussi un dangereux rapprochement des extremes : de Laguiller à Lepen, il n'y a qu'un pas. Celui qui enjambe les Verts, le PS, l'UDF, l'UMP.
23 juin 2006
Galway verte !
Galway, ce n'est pas qu'une ville aéroportuaire dans l'Irlande paumée.
Galway, c'est dorénavant une ville verte, et c'est tant mieux.
la bataille du siège
Aujourd'hui, à Strasbourg, se met en place une rébellion. UNe querelle d'importance. Un camp qui se renforce de jour en jour. Un thème épineux. Sur le siège. (Remarquons l'absence de tout Français dans les signataires, tout comme tout signataire venu de groupe extremiste -pas de post-communiste, pas de souverainiste, de nationaliste-, pas trop d'élus du Sud (Grèce, Slovénie, Italie, France, Espagne, Portugal)). Cette rébellion, d'abord initiée par le président du groupe socialiste au PE, le sieur Schultz, a été largement reprise par la célèbre et intelligente Cécilia Malmstrom, libérale suédoise francophon et francophile. 
A l'heure où l'union est en crise de leadership, où le couple franco-allemand roule sur une roue (l'allemande), où la France perd de son influence en Europe et dans le monde, cette nouvelle n'est pas bonne pour la France, ni pour le monde.
Comme le rapporte M. Quatremer souvent sur son blog, une partie d'eurodéputés se mobilise pour transférer tout le PE , éparpillé entre Bruxelles (commissions), Strasbourg (pleinière) et Luxembourg, à Bruxelles. Voilà qui leur épargnerait des heures et des euros de voyage entre Bruxelles et Strasbourg. Couteux en argent, en temps et en énergie, l'éternel déménagement est loin de faire l'unanimité des eurodéputés.
Il serait plus simple de tout mettre à Bruxelles. C'est ma position. AUx Etats-Unis, tout est groupé, dans la mesure du possible, à Washington, sans ça fasse un gros scandale.
Après, bien sûr, il s'agira de ce qu'on mettra à la place du PE. Une université européenne ? UN institut de recherche ? Why not ? Tout de même, Strasbourg aura perdu un peu de son éclat européen, et ça sera dommage...
22 juin 2006
les pirates suédois
En Suède, c'est génial. A l'aube des élections, pleins de partis se construisent, montent dans les sondages, puis se cassent en moins de 6 mois. Les élections ont lieu en septembre. 0n a déjà assisté à l'émergence d'un parti féministe, qui ne se voulait ni de droite ni de gauche. On assiste maintenant à celui du Parti des Pirates, qui engrange succès sur succès.
Déjà présents aux élections syndicales à uppsala, les pirates ont fait un joli petit score.
Le candidat aux législatives, en tout ca,s peut s'assurer d'être élu au Riksdag.
Cette multiplication de petits partis uni-centrés renforcent-ils la démocratie ? (en la rapprochant des électeurs) ou au contraire la ridiculisent-ils ? Quoiqu'il en soit, il est clair que les clivages gauche-droite sont en train de se refaire, de se transformer.
Ségo mépoustouffle
Je ne dirais rien de son entrée, magistrale, dans le cirque des
éléphants établis du PS ( à ce propos et franchement, je ne pense pas
que Lang ait une chance sérieuse...les vrais concurrents sont DSK
et Fabius). C'est grandiose.
Je ne dirais rien des
déclarations d'hostilité voire de machisme qu'elle a subies (Charasse,
Fabius). Elles relèvent le personnage.
Je ne dirais rien de sa
capacité à rassembler au sein de la gauche et au delà dès avant le
premier tour au PS; quand ses candidats arrivent à peine à réunir leur
petit clan. Elle est évidente.
Je ne dirais rien de sa stratégie à l'intérieur et à l'extérieur du PS, elle est brillante.
Je
ne dirais sur le fait qu'elle épate de plus en plus de monde, qu'elle
réuit des nonistes des ouistes, des bourgeois, des prolos, des
militaires et des artistes, des néo-libéraux et des
anti-libéraux, des parisiens et des provinciaux, des conservateurs et
des catholiques. C'est un fait établi.
Je ne dirais pas que je
suis très content de ses positions sur le nucléaire, sur les OGM, sur
la sécurité, sur le rôle de l'Etat et du modèle scandinave qu'elle
érige, sur la démocratie et le budget participatifs (la droite
n'a absolument rien compris à l'affaire). C'est évident.
Je ne
dirais rien. Je continuerais à regarder cette étoile brillante au sein
de la gauche et , chaque jour, à m'étonner de son intelligence, à me
féliciter de sa montée, à approuver ses interviews. Je le dis comme
tel. Je ne suis pas socialiste ,mais je suis agréabliement surpris.
18 juin 2006
Assises de l'écologie POlitique
Le grand chantier qu'avait annoncé Benhamias a l'air de se profiler, et c'est heureux. En cette période de préparation plus qu'houleuse de présidentielles chez les écologistes (allez Dom !!), il serait temps de rassembler les écologistes, de montrer qu'ils peuvent une force politique d'avenir et échapper aux caricatures.
Je suis sur que les Verts partagent beaucoup plus avec des gens comme Lepage (Gamerre, Waechter j'en suis moin sur) , Hulot qu'avec des Buffet, Mélenchon, DSK etc,etc..
Il est clair qu'on peut commencer à entrevoir des rencontres, des Assises de l'Ecologie POlitique, qui verraient dans un premier temps tous les écologistes qui se veulent plus ou moins indépendants (c'est-à-dire n'appartenant pas clairement à l'uMP ou le PS, ou d'autres partis productivistes ou extremistes) se rapprocher et discuter. Des politiques (Voynet,Cochet, Lepage, Hulot, Bové), des associatifs (l'Alliance pour la terre et toutes ses ONG composantes : GreenPeace, WWF, LPO, etc,etc..) mais aussi des personnalités étrangères (le ministre Vert italien, le ministre Vert tchèque ouè letton , Havel, des représentants des Verts allemands ou anglais, ou autrichiens, ou belges), des experts, des témoins ( agriculteurs bios, représentants du commerce équitable, JOC, rapporteurs du DD en entreprises, fonctionnaires, patrons, syndicalistes...). Il y aura bien évidemment un même chantier à faire au niveau des Jeunes, avec une convergence d'ONG et de projets étudiants écolo qu'il faudra rassembler et discuter (assoc étudiantes de microfinance, d'aide au Tiers Monde, de recyclage, GreenPeace Jeunes, 4D, Jeunes écolo de Cap21, jeunes Verts, Jeunes au WWF, discuter avec les Jeunes agriculteurs, avec les Jeunes Européens, Fac Verte).
Dans un deuxième temps, on ne pourrait que remarquer les convergences. Elles sont nombreuses. Sur l'Europe (Europe plus démocratique, plus fédérale, plus transparente, plus forte et indépendante), sur l'environnement (OGM, nucléaire, biodiversité, choix d'une agriculture soutenable, protection des consommateurs) sur la jeunesse (revenu d'autonomie, réflexion sur les modèles scandinaves, age de vote baissé à 18 ans), sur les drogues et plus généralement sur la place de l'Etat, sur la vision de la société (révision de la laicité...). Bien sur, des gens de droite restent de droite, des gens de gauche restent de gauche. Le mur entre Droite et Gauche reste infranchissable en France (contrairement à partout ailleurs en Europe... sauf peut être en Grèce.. et encore..) et nous aurons des engueulades (faut-il être antilibéral ? faut-il être modéré ?), nous aurons des débats durs et intéressants (quelle vision de l'écologie porter ? catastrophiste ? optimiste et tranquille ? quel public centrer ? rural ? urbain ? ), des convergences inespérées, des espoirs déçus. Mais je pense que ça vaut le coup d'essayer. Nous partageons trop de choses pour se laisser diviser et obtenir qui 3% qui 1%.
Je suis certain que si les écologistes arrivent à se réunir et à peser dans le débat politique de 2007, ils pourront largement dépasser les 6% , et faire quelque chose de bien pour 2007 et 2008.
